« HONORE TON PÈRE ET TA MÈRE  »
(Maria Valtorta - L'Évangile tel qu'il m'a été révélé - Tome 2)


Jésus commence à parler.
«La paix soit avec vous tous.
Puisque maintenant vous venez ici dès le matin, j’ai pensé qu’il serait plus pratique que je vous parle de Dieu le matin et que vous partiez à midi. J’ai pensé aussi à loger les pèlerins qui ne peuvent pas retourner chez eux dans la soirée. Je suis pèlerin, à mon tour, et je ne possède que le minimum indispensable que m’a donné la piété d’un ami. Jean a encore moins que Moi. Mais vers Jean vont des personnes en bonne santé ou simplement peu malades, estropiés, aveugles, muets. Pas des mourants ou de grands fiévreux comme vers Moi. Ils vont à lui pour le baptême de pénitence. Vers Moi, vous venez aussi pour la guérison des corps. La Loi dit: “Aime ton prochain comme toi-même”. Je pense et je dis: comment montrerais-je mon amour pour les frères si je fermais mon coeur à leurs besoins, même physiques? Et je conclus: je leur donnerai ce qu’on m’aura donné. Je tendrai la main aux riches, je quêterai pour le pain des pauvres. En renonçant à mon lit, j’accueillerai celui qui est fatigué et souffrant.
Nous sommes tous frères. Et l’amour ne se prouve pas par des paroles mais par des actes. Celui qui ferme son coeur à son semblable a un coeur de Caïn. Celui qui n’a pas d’amour est révolté contre le commandement de Dieu. Nous sommes tous frères. Et pourtant je vois et vous voyez que même à l’intérieur des familles — là où un même sang unit, et avec le sang et la chair, la fraternité qui nous vient d’Adam — il y a des haines et des désaccords. Les frères sont contre les frères, les fils contre leurs parents, les conjoints ennemis l’un de l’autre.
Mais, pour n’être pas toujours de mauvais frères, et des époux un jour adultères, il faut apprendre dès le premier âge le respect envers la famille, organisme qui est le plus petit et le plus grand du monde. Le plus petit par rapport à l’organisme d’une cité, d’une région, d’une nation, d’un continent. Mais le plus grand parce que le plus ancien; parce que établi par Dieu quand l’idée de patrie, de pays n’existait pas encore, mais que déjà était vivant et actif le noyau familial, source pour la race et pour les races, petit royaume où l’homme est roi, la femme reine et les fils des sujets. Est-ce qu’un royaume peut durer si entre ceux qui l’habitent il y a la division et l’inimitié? Il ne peut pas durer. Et en vérité une famille ne se maintient pas sans obéissance, respect, économie, bonne volonté, amour du travail, affection.
“Honore ton père et ta mère” dit le Décalogue.
Comment les honore-t-on? Pourquoi doit-on les honorer?
L’honneur suppose une obéissance véritable, un amour sans failles, un confiant respect, une crainte respectueuse qui n’exclut pas la confiance, mais en même temps ne nous fait pas traiter les personnes âgées comme si nous étions des esclaves et des inférieurs. On doit les honorer car, après Dieu, nos pères et mères nous ont donné la vie et ont subvenu à tous nos besoins matériels, ils ont été les premiers maîtres et les premiers amis du jeune être arrivé sur la terre. On dit: “Dieu te bénisse ”, on dit: “merci ” à quelqu’un qui ramasse un objet tombé ou qui nous donne un morceau de pain. Et à ceux qui se tuent au travail pour nous rassasier, pour tisser nos vêtements et les tenir propres, à ceux qui se lèvent pour surveiller notre sommeil, se refusent le repos pour nous soigner, nous font un lit de leur sein dans nos plus douloureuses fatigues, nous ne dirions pas, avec amour: “Dieu te bénisse ” et “ merci ”?
Ce sont nos maîtres. Le maître, on le craint et on le respecte. Mais le maître nous prend en charge quand déjà nous savons ce qui est indispensable pour nous conduire, nous nourrir et dire les choses essentielles, et il nous laisse quand le plus dur enseignement de la vie, c’est à dire “ le savoir vivre”, doit nous être encore enseigné. Et c’est le père et la mère qui nous préparent à l’école d’abord, puis à la vie.
Ce sont nos amis. Mais quel ami peut-être plus ami qu’un père? Quelle amie plus amie qu’une mère? Pouvez-vous avoir peur d’eux? Pouvez-vous dire: “Il me trahit, elle me trahit ”? Et pourtant, voici le sot jeune homme et la jeune fille encore plus sotte qui prennent pour amis des étrangers et ferment leur coeur à leur père et à leur mère et se gâtent l’esprit et le coeur par des relations imprudentes, pour ne pas dire coupables, et causes de larmes du père et de la mère, larmes qui coulent comme des gouttes de plomb fondu sur le coeur de leurs parents. Ces larmes, pourtant, Je vous le dis, ne tombent pas dans la poussière et l’oubli. Dieu les recueille et les compte. Le martyre d’un père que l’on foule aux pieds sera récompensé par le Seigneur. Mais le supplice qu’un fils inflige à son père ne sera pas oublié, même si le père et la mère, dans leur douloureux amour, implorent la pitié de Dieu pour leur fils coupable.
“Honore ton père et ta mère, si tu veux vivre longuement sur la terre” est-il dit. Et j’ajoute: “Et éternellement dans le Ciel ”.
Trop léger serait le châtiment de vivre peu sur la terre pour avoir manqué à ses parents! L’au-delà n’est pas une baliverne et, dans l’au-delà, on sera récompensé ou puni d’après la vie que l’on aura menée sur la terre. Celui qui manque à son père, manque à Dieu, car Dieu a donné en faveur du père un commandement d’amour, et celui-là pèche, qui ne l’aime pas. Aussi perd-il de cette façon plus que la vie matérielle, la vraie vie dont je vous ai parlé, il va à la rencontre de la mort, il est déjà mort puisque son âme est en disgrâce auprès de son Seigneur. Il a déjà en lui-même le crime parce qu’il blesse l’amour le plus saint après celui de Dieu. Il porte en lui les germes des futurs adultères car un fils mauvais devient un époux infidèle. Il a en lui les tendances à la perversion sociale, parce que d’un mauvais fils sort un futur voleur, un assas-sin sinistre et violent, un froid usurier, un libertin séducteur, un jouisseur cynique, l’être répugnant qui trahit sa patrie, ses amis, ses enfants, son épouse, tout le monde. Et pouvez-vous avoir de l’estime et de la confiance pour celui qui n’a pas hésité à trahir l’amour d’une mère, et s’est moqué des cheveux blancs d’un père?
Cependant, écoutez encore, car au devoir des enfants correspond un semblable devoir des parents. Malédiction aux fils coupables! Mais malédiction aussi aux parents coupables. Agissez de façon que vos enfants ne puissent vous critiquer ni vous imiter dans le mal. Faites-vous aimer par un amour donné avec justice et miséricorde. Dieu est Miséricorde. Que les parents, qui viennent tout de suite après Dieu, soient miséricorde. Soyez l’exemple et le réconfort de vos enfants. Soyez pour eux la paix et leur guide. Soyez leur premier amour. Une mère est toujours la première image de l’épouse que nous voudrions avoir. Un père a, pour ses jeunes filles, le visage qu’elles rêvent pour leur époux. Faîtes surtout que vos fils et vos filles choisissent sagement leurs futurs conjoints, en pensant à leur mère, à leur père, et en voulant chez eux ce qui se trouve en leur père, en leur mère: une vertu vraie. 
Si je devais parler jusqu’à épuiser ce sujet, le jour et la nuit ne suffiraient pas. J’abrège donc par amour pour vous. Pour le reste, que l’Esprit Eternel vous le dise. Moi, je jette la semence et puis je m’en vais. Mais la semence chez les bons fera pousser des racines et produira un épi. Allez. La paix soit avec vous.»
Ceux qui partent, s’en vont tout de suite. Ceux qui restent, en-trent dans la troisième pièce. Ils mangent leur pain ou celui que les disciples leur offrent, au nom de Dieu. On a disposé des plan-ches et de la paille sur de rustiques chevalets et les pèlerins peu-vent y dormir …
 

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